L’Autorité arabe africaine contre la corruption appelle à protéger l’alternance démocratique en Mauritanie

Déclaration sur l’alternance démocratique en Mauritanie
Nouakchott – Tawassoul
L’Autorité arabe africaine contre la corruption et la fraude a appelé au renforcement des garanties juridiques visant à protéger le principe de l’alternance démocratique en Mauritanie et à prévenir toute tentative de contournement des dispositions constitutionnelles relatives aux mandats présidentiels.
Dans une déclaration publiée lundi 2 novembre 2026, l’organisation a affirmé que la limitation du mandat présidentiel à cinq ans, renouvelable une seule fois, conformément aux articles 26 et 28 de la Constitution, constitue un principe constitutionnel protégé. Elle a également rappelé que l’article 99 interdit d’engager toute procédure visant à réviser les dispositions relatives à l’alternance démocratique au pouvoir.
L’Autorité estime que la protection de ce principe ne doit pas se limiter aux textes constitutionnels, mais nécessite des garanties juridiques concrètes permettant de prévenir toute action visant à le remettre en cause, tout en distinguant les tentatives de contournement de la Constitution de l’exercice des droits constitutionnels à l’expression, à l’opinion et au débat politique.
Elle a également plaidé pour la mise en place de mécanismes permettant au parquet d’engager des poursuites contre les actes portant atteinte aux principes constitutionnels, dès lors que les éléments constitutifs d’une infraction sont réunis, sans qu’une plainte préalable d’une partie lésée soit nécessaire.
La déclaration souligne par ailleurs que la limitation des mandats présidentiels est le résultat d’une expérience politique nationale engagée depuis la présidence de Moktar Ould Daddah et poursuivie au fil des différentes étapes de l’histoire politique du pays. Elle considère que la stabilité des États repose sur la consolidation des institutions, le respect de la Constitution et la garantie d’une alternance pacifique au pouvoir, plutôt que sur le maintien des mêmes personnes à la tête de l’État.
En conclusion, l’organisation a souligné que la protection de l’alternance démocratique constitue une responsabilité nationale et constitutionnelle, affirmant que la Constitution doit rester au-dessus de tous et que l’alternance pacifique au pouvoir est un droit du peuple, et non un privilège accordé ou retiré par les autorités.







