Initiative de Solidarité Journalistique : « Les syndicats libres se construisent sur le respect de la loi, la dignité de la profession et la liberté des journalistes (Communiqué)

À un moment charnière de l’histoire du travail syndical journalistique en Mauritanie, la décision judiciaire suspendant le processus électoral du Syndicat des Journalistes Mauritaniens a constitué un coup dur pour les tentatives de façonner les lois et règlements sur mesure au profit de certaines personnes et de groupes influents. Elle a également envoyé un message clair : le syndicat n’est ni une propriété privée ni un instrument de tutelle politique, mais un cadre professionnel qui doit reposer sur la légalité, la transparence et l’égalité des chances.
Ce qui se déroule aujourd’hui au sein du syndicat révèle clairement l’ampleur des ingérences politiques et administratives visant à orienter le processus électoral, à travers l’exploitation de l’influence officielle et la transformation de certaines institutions des médias publics, voire même du siège du syndicat, en espaces de mobilisation au profit d’une liste soutenue par le ministre de la Communication. Une telle situation porte atteinte à l’indépendance de l’action syndicale et affaiblit la crédibilité de l’État et de ses institutions.
Par ailleurs, les déclarations publiques émises par certains membres du bureau exécutif, affichant leur soutien à une liste électorale au détriment d’une autre, constituent une violation manifeste du devoir de neutralité et confirment l’existence d’une volonté d’imposer une direction syndicale loin de la volonté libre des journalistes.
La phase actuelle impose au président du syndicat ainsi qu’aux membres du bureau exécutif de faire preuve de courage et d’indépendance, et de rejeter toutes les formes de pression et de chantage administratifs et politiques. Les syndicats libres ne se dirigent pas par des ordres ni ne se confisquent par l’influence ; ils se construisent sur le respect de la loi, la dignité de la profession et la liberté des journalistes.
Notre espoir demeure grand envers tous les confrères journalistes sérieux, professionnels et indépendants, afin qu’ils poursuivent leur solidarité et leur lutte juridique et professionnelle pour défendre l’indépendance du syndicat et les droits des journalistes, et qu’ils s’opposent à toutes les tentatives de domination et de confiscation, convaincus que l’unité des journalistes et leur attachement à la loi constituent le seul moyen de bâtir un syndicat libre et fort, représentant tous les journalistes sans se soumettre à aucune tutelle politique ou administrative.
Nous renouvelons également notre appel au respect des décisions judiciaires et du processus légal, ainsi qu’à la mise en place des conditions nécessaires pour des élections transparentes et équitables, reflétant la volonté réelle de la famille journalistique, loin de l’hégémonie du pouvoir, des centres d’influence et des tentatives de confiscation du syndicat au service d’agendas étroits.
Mohamed Abderrahmane Ould Abdallah
Membre du Syndicat des Journalistes Mauritaniens
Coordinateur de l’Initiative de Solidarité Journalistique
Nouakchott, le 12 mai 2026







