Mauritanie : 161 migrants, partis de Gambie, secourus dans l’Atlantique

INFO MIGRANTS – Les gardes-côtes mauritaniens ont annoncé jeudi avoir secouru deux jours plus tôt 161 migrants, dont 17 enfants, après une panne de moteur au large de la Mauritanie. Ces derniers mois, les sauvetages se sont multipliés près des côtes mauritaniennes, alors que les départs de Gambie vers les Canaries se sont intensifiés.
Nouveau sauvetage au large de la Mauritanie. Mardi 25 août vers 11h, 161 migrants ont été pris en charge par les gardes-côtes mauritaniens, alors qu’ils tentaient de traverser l’Atlantique pour rejoindre les Canaries, a indiqué jeudi matin le ministère de la Pêche, des infrastructures maritimes et portuaires dans un communiqué publié sur sa page Facebook.
La pirogue, partie de Gambie, transportait 99 Sénégalais, dont six femmes et deux enfants. Les autres occupants étaient 56 Guinéens, dont trois hommes, 38 femmes et 15 enfants. Six Gambiens, dont deux hommes et quatre femmes, étaient également à bord, selon le ministère.
« L’embarcation avait pris la mer depuis Banjul, la capitale de la Gambie, et avait navigué pendant environ huit jours en haute mer avant d’être repérée par les unités des gardes-côtes, qui sont intervenus pour secourir toutes les personnes à bord », explique le communiqué.
« Tous les occupants de la pirogue sont sains et saufs, mais particulièrement éprouvés par le voyage et la précarité de leur embarcation, qui avait déjà un problème de moteur », ajoutent les autorités.
Les 161 migrants ont été « pris en charge et les mesures nécessaires ont été prises avant leur transfert vers le centre d’accueil de Nouakchott », la capitale de la Mauritanie.
Les migrants sont généralement acheminés après leur sauvetage vers un centre temporaire d’accueil (CTA), où ils sont pris en charge par des organisations humanitaires, avant que leur situation ne soit examinée.
Multiplication des départs de Gambie
Des milliers de personnes originaires d’Afrique de l’Ouest, en majorité des jeunes, tentent depuis des années de gagner clandestinement l’Europe en empruntant la périlleuse route de l’Atlantique, principalement vers l’archipel espagnol des Canaries, à bord d’embarcations surchargées et souvent vétustes.
Pour la plupart originaires du Sénégal, de Gambie, de Guinée et du Mali, des centaines de migrants ont été secourus ces derniers mois au large de la Mauritanie, tandis que des centaines d’autres sont morts ou portés disparus dans des naufrages.
Dans la nuit du 19 au 20 août, 315 migrants, majoritairement sénégalais et gambiens, dont 40 enfants, « dans une situation humanitaire difficile », ont été secourus par les garde-côtes mauritaniens, alors que leur pirogue surchargée était à la dérive.
La pirogue avait aussi pris la mer depuis la Gambie. Tout comme celle secourue quelques jours plus tôt, le 16 août, avec 42 exilés à son bord.
En juillet, 143 personnes sont mortes ou portées disparues en mer après le départ d’une embarcation de Gambie avec environ 190 personnes. Elle avait été secourue le 18 juillet. Seuls 38 migrants à bord avaient alors été retrouvés, « après avoir dérivé pendant près de 25 jours sur l’océan Atlantique », selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Et au total, trois opérations de sauvetage et de débarquement ont été menées entre le 14 et le 18 juillet à Nouadhibou, en Mauritanie, permettant de ramener 387 personnes saines et sauves à terre, selon le HCR.
Le renforcement récent des contrôles en mer au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc a poussé les départs de pirogues vers les Canaries plus au sud, depuis les côtes de Gambie, de Guinée-Bissau ou de Guinée.
Or la route partant de Gambie vers les Canaries atteint 1 600 km. « La distance est importante – il faut entre 4 et 7 jours de navigation si tout se passe bien -, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise », décrivait en septembre 2025 Delphine Perrin, chargée de recherche à l’Institut de recherche pour le développement, interrogée par InfoMigrants.
Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, plus de 600 personnes ont péri dans l’Atlantique sur les cinq premiers mois de 2026. En 2025, l’organisation comptait 1 906 décès ou disparus sur cette route maritime.







