Mauritanie : l’avocat Ould Ebti répond à l’Association des magistrats et évoque des soupçons de corruption

Nouakchott – Tawasoul : Le cabinet de l’avocat Ibrahim Ould Ebti a répondu au communiqué du secrétaire général de l’Association professionnelle des magistrats mauritaniens, affirmant que son client, Cheikhna Yenjé Akhbarhoum, propriétaire et gérant de la société « Dasna Export », avait saisi les autorités compétentes au sujet de faits qu’il qualifie de « soupçons de corruption » liés à des faits et procédures judiciaires.
Dans un communiqué dont une copie est parvenue à Tawasoul, le cabinet estime que le communiqué de l’Association des magistrats a tenté, selon lui, de détourner l’attention de l’objet du dossier en mettant l’accent sur l’indépendance de la justice et les procédures suivies. Il affirme que la plainte adressée par son client à l’Autorité nationale de lutte contre la corruption porte sur des faits relevant de ses compétences, ajoutant que le président de l’Association avait auparavant examiné le dossier et pris des décisions que la défense considère comme contraires aux demandes de son client.
Le cabinet soutient également que la plainte s’appuie, selon la version de la défense, sur des faits et des correspondances documentés, notamment des échanges via l’application WhatsApp. Il considère ainsi que les accusations de nature à porter atteinte à l’autorité judiciaire évoquées dans le communiqué de l’Association sont « éloignées » du contenu réel de la plainte.
L’avocat affirme par ailleurs que la législation impose à toute personne ayant connaissance de faits susceptibles de constituer un cas de corruption de les signaler à l’Autorité nationale de lutte contre la corruption. Il cite à cet égard l’article 23 de la loi n°2025/21 du 15 juin 2025, estimant que son client n’avait, selon les termes du communiqué, d’autre choix que de saisir les autorités compétentes.
Sur un autre point, le cabinet conteste la présentation faite du jugement de la chambre du conseil de la chambre commerciale de la Cour suprême. Selon lui, la décision de cette chambre n’accordait pas à son client un délai de 30 jours pour verser la caution, mais que l’octroi de ce délai avait fait l’objet, le lendemain, d’une décision du président de la chambre. Le cabinet estime que cette question soulève un problème de procédure.
En conclusion, le cabinet Ould Ebti affirme que la démarche de son client ne constitue pas, de son point de vue, une atteinte à l’indépendance de la justice ni à la dignité des magistrats, mais relève du recours aux autorités compétentes afin de vérifier les faits faisant l’objet de la plainte.
Il invite enfin l’Association des magistrats à « revenir aux principes élémentaires de la procédure » et à distinguer, selon lui, le rôle de l’avocat en qualité de conseil de celui de son client, précisant que ce droit de réponse vise à défendre son client et à expliquer les motifs des démarches entreprises.





