Salaires présidentiels : des écarts et une transparence variable

NOUAKCHOTT- Tawassoul : Les salaires mensuels des présidents de Mauritanie, d’Algérie, du Sénégal, du Mali, de France et d’Égypte présentent des écarts importants, tandis que le degré de transparence sur leur fondement juridique varie sensiblement d’un pays à l’autre.
Selon les données disponibles et les taux de change au 28 septembre 2026, le salaire mensuel couramment attribué au président mauritanien est de 700.000 anciennes ouguiyas nouvelles, soit environ 17.400 dollars, contre 700.000 dinars, soit près de 5.200 dollars, pour le président algérien. Toutefois, les recherches effectuées dans les archives juridiques accessibles n’ont pas permis d’identifier, pour ces deux pays, un texte publié fixant explicitement ces montants. Ils sont donc présentés ici comme des chiffres rapportés et non comme des salaires établis par un texte officiel accessible.
Au Sénégal, le montant est documenté par la déclaration de patrimoine du président Bassirou Diomaye Faye, publiée au Journal officiel en juillet 2024. Le document indique un salaire mensuel de 4.859.302 francs CFA, soit environ 8.400 dollars, et était accompagné notamment du bulletin de salaire du mois de juin 2024.
Au Mali, la loi n°2012-011 de février 2012 fixe la rémunération du président selon une formule liée au traitement des fonctionnaires de catégorie A, à laquelle s’ajoute une indemnité de représentation équivalant aux trois quarts du salaire. L’application de cette grille aboutit à environ 6,15 millions de francs CFA par mois, soit près de 10.700 dollars. Le texte prévoit également la prise en charge par l’État de certaines dépenses liées à la fonction présidentielle, notamment le logement, l’eau, l’électricité, le téléphone et les personnels de service.
En France, le décret n°2012-983 fixe le traitement du président de la République par référence aux rémunérations des hauts fonctionnaires et prévoit, pour le président et le Premier ministre, une majoration de 5 %. Le dispositif comprend également une indemnité de résidence et une indemnité de fonction. Selon le dernier montant publié dans les documents parlementaires retenus pour cette comparaison, la rémunération présidentielle française atteint environ 16.039 euros bruts par mois, soit près de 18.300 dollars, pour environ 14.577 euros nets.
En Égypte, la loi modifiée en 2014 fixe le salaire du président à 21.000 livres égyptiennes par mois, auxquels s’ajoute une indemnité de représentation du même montant, soit un total de 42.000 livres, équivalant à environ 812 dollars selon le taux de change retenu. Ce montant repose sur un texte légal publié au Journal officiel.
Sur la base de ces données, les montants mensuels comparés s’établissent ainsi : environ 18.300 dollars pour la France, 17.400 pour la Mauritanie, 10.700 pour le Mali, 8.400 pour le Sénégal, 5.200 pour l’Algérie et 812 dollars pour l’Égypte. Cette comparaison doit toutefois être interprétée avec prudence, les bases juridiques et les composantes des rémunérations n’étant pas identiques.
Par ailleurs, le salaire ne constitue qu’une partie du coût public lié à l’exercice de la fonction présidentielle. Les États prennent, selon leurs propres dispositifs, en charge des dépenses de logement officiel, de sécurité, de transport, de déplacements, de protocole et de fonctionnement des institutions présidentielles. En Mauritanie, par exemple, les crédits inscrits au budget de la présidence couvrent différentes dépenses liées au fonctionnement de l’institution et ne peuvent être assimilés au salaire personnel du président.
La comparaison met ainsi en évidence non seulement des écarts de rémunération, mais aussi des différences dans l’accès aux textes et documents permettant de vérifier leur montant. Pour le Sénégal, le Mali, la France et l’Égypte, les chiffres retenus reposent sur des documents ou textes officiels accessibles, tandis que les montants attribués aux présidents mauritanien et algérien nécessitent encore, pour être pleinement documentés, l’identification d’un texte juridique publié les fixant explicitement.







