Mauritanie : l’UPPIM réclame la révision de la commission du Fonds d’appui aux médias

L’Union professionnelle de la presse indépendante en Mauritanie (UPPIM) a appelé le président de la République et le Premier ministre à réviser la décision portant création de la commission de gestion et de répartition du Fonds d’appui aux médias, afin de garantir une représentation équitable des organisations professionnelles et le respect du pluralisme au sein du secteur.
Dans un communiqué publié vendredi à Nouakchott, l’Union conteste la composition de cette commission, estimant qu’elle a été constituée sans concertation préalable avec plusieurs organisations de presse. Elle demande sa réorganisation sur la base de critères transparents, privilégiant le pluralisme, l’équité et l’alternance dans la représentation, conformément aux pratiques de partenariat établies depuis le lancement effectif du Fonds en 2012.
L’UPPIM précise que sa démarche ne vise aucune personne en particulier, notamment l’ancien ministre de la Culture et de la Communication, El Houssein Ould Meddou, sous lequel la décision contestée a été prise, mais porte sur les modalités de désignation des membres et le respect des principes de représentation professionnelle.
L’Union demande également l’envoi d’une mission d’inspection au ministère de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, afin d’examiner les modalités de gestion au cours de la période écoulée et de vérifier les dysfonctionnements signalés. Elle plaide par ailleurs pour une révision des mécanismes de représentation dans les commissions chargées de l’attribution de la carte de presse et dans les autres instances liées au secteur.
Pour justifier sa demande, l’UPPIM souligne la diversité de ses membres, qui comprennent 11 journaux imprimés, dont huit publiés en arabe et en français, 22 sites d’information ainsi que plusieurs chaînes et plateformes médiatiques sur les réseaux sociaux. Elle estime que cette diversité, conjuguée à la multiplicité des organisations professionnelles, exige des critères objectifs garantissant une représentation équilibrée.
L’Union indique avoir adressé, il y a environ quatre semaines, des recours à la présidence de la République et à la Primature. Elle appelle les autorités à examiner ses propositions de réforme et à corriger les déséquilibres qu’elle dénonce, estimant que la révision d’une décision administrative constitue une démarche institutionnelle normale lorsqu’elle vise à renforcer la transparence et l’égalité de traitement.
L’UPPIM réaffirme enfin son engagement en faveur de la défense des intérêts de la presse indépendante et réclame la réparation des préjudices matériels et moraux qu’elle affirme avoir subis depuis 2020, par les voies légales et institutionnelles.





