Mauritanie–Union européenne : les négociations sur le renouvellement de l’accord de pêche dans l’impasse

La Mauritanie et l’Union européenne intensifient leurs contacts en vue du renouvellement de leur accord de pêche, à l’approche de l’expiration du protocole actuel, prévue le 14 novembre prochain. Les négociations se poursuivent sans accord définitif, tandis que les acteurs européens du secteur multiplient les appels à une solution permettant d’assurer la continuité des activités de leurs flottes dans les eaux mauritaniennes.
La ministre de la Pêche, des Infrastructures maritimes et portuaires, Aïssata Lam, s’est entretenue jeudi, par visioconférence, avec le commissaire européen chargé de la Pêche et des Océans, Costas Kadis. Les discussions ont porté sur les principaux axes des négociations en cours et sur les moyens de rapprocher les positions concernant les dossiers encore en suspens.
Selon le ministère mauritanien, les deux parties ont souligné l’importance de poursuivre le dialogue afin de parvenir à des résultats équilibrés, respectueux de leurs intérêts communs, et de garantir une exploitation durable des ressources halieutiques ainsi que la protection du milieu marin.
Dans le cadre de ces échanges, la ministre a également reçu à Nouakchott l’ambassadeur de l’Union européenne en Mauritanie, Joaquín Tasso Vilallonga. Les discussions ont porté sur le renforcement de la coopération bilatérale, notamment dans les domaines de la pêche et des infrastructures maritimes et portuaires.
Quatre cycles de négociations sans accord
Ces contacts interviennent après quatre cycles de négociations engagés depuis janvier dernier, qui n’ont pas permis de parvenir à un accord définitif sur le nouveau protocole, selon des informations rapportées par la presse espagnole.
Le 29 septembre, l’agence Europa Press a rapporté que le commissaire européen Costas Kadis avait indiqué que les échanges entre les deux parties n’avaient pas permis de résoudre les questions en suspens. La Commission européenne entendait poursuivre les contacts afin de parvenir à un compromis dans les meilleurs délais.
Le 15 octobre, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas et la Lettonie ont demandé à la Commission européenne d’accélérer les négociations et d’envisager une prolongation du protocole actuel si aucun accord n’était conclu avant son expiration, afin d’éviter une interruption des activités des navires européens concernés.
Les organisations professionnelles européennes du secteur de la pêche ont également appelé au renouvellement de l’accord dans les délais, ou à une prolongation du protocole en vigueur, mettant en garde contre les conséquences économiques et sociales d’un arrêt des activités pour les entreprises et les marins.
Un accord stratégique pour les deux parties
Le protocole actuel autorise des navires de dix pays européens à pêcher jusqu’à 280 050 tonnes par an dans les eaux mauritaniennes. En contrepartie, l’Union européenne verse une contribution financière annuelle de 60,8 millions d’euros, dont une partie est destinée au développement durable du secteur halieutique mauritanien.
L’enjeu des négociations est donc de concilier l’intérêt européen pour le maintien de l’accès aux ressources halieutiques mauritaniennes avec les priorités de Nouakchott, notamment la préservation des stocks, la gestion durable des ressources et l’amélioration des retombées économiques de leur exploitation.
À ce stade, aucun accord définitif ni détail précis sur les points de désaccord n’a été annoncé officiellement à l’issue des discussions de jeudi. L’issue des négociations reste donc incertaine à l’approche de l’échéance du 14 novembre.







