NATIONALE

Mauritanie : la démission du gouvernement Ould Djay place les incendies électriques et les tensions sociales au cœur du débat

Nouakchott, Tawassoul, 9 octobre 2026 – Le Premier ministre Mokhtar Ould Djay a présenté vendredi la démission de son gouvernement au président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, au lendemain de la remise du rapport de la commission d’enquête indépendante sur les incendies survenus dans deux postes de transformation électrique à Nouakchott. Cette démission intervient dans un contexte marqué par des interrogations sur les conséquences de cette affaire pour l’avenir de l’équipe gouvernementale et sur l’ampleur du remaniement attendu.

Le calendrier de cette décision retient particulièrement l’attention. La veille, le président avait reçu le rapport d’enquête et demandé au gouvernement de mettre en œuvre ses recommandations. L’affaire a suscité un débat sur les responsabilités administratives, techniques et contractuelles liées au projet de nouvelles liaisons électriques, auquel sont associés les deux incendies qui avaient provoqué d’importantes coupures de courant dans la capitale en août dernier.

Le rapport a relevé des dysfonctionnements dans la préparation, l’exécution et le suivi du projet, ainsi que des insuffisances en matière de contrôle et de supervision. Il n’a toutefois pas permis d’établir avec certitude le mécanisme technique précis à l’origine des deux incendies. À la suite de ces conclusions, le député Biram Dah Abeid avait réclamé la démission du Premier ministre et du ministre de l’Énergie et du Pétrole, ainsi que le limogeage du directeur général de la Société mauritanienne d’électricité (SOMELEC), appelant à des mesures politiques, administratives et judiciaires proportionnées aux défaillances constatées.

Cette évolution intervient également dans un contexte de pressions sociales liées à la hausse des prix des produits de première nécessité, aux difficultés d’évacuation des eaux de pluie et à la formation de mares dans plusieurs quartiers, ainsi qu’aux plaintes des citoyens concernant la qualité des services publics et des infrastructures. Aucun lien officiel direct n’a été établi entre ces différents dossiers et la décision de démissionner, mais leur concomitance place le bilan du gouvernement et sa capacité à répondre aux préoccupations quotidiennes des populations au centre du débat.

L’attention se tourne désormais vers la décision du président concernant le prochain Premier ministre et la composition de la future équipe gouvernementale. Plusieurs scénarios restent envisageables : un remaniement de grande ampleur, une reconduction de Mokhtar Ould Djay à la tête d’un gouvernement remanié, ou la nomination d’un nouveau Premier ministre avec le maintien de certains membres de l’équipe sortante. Aucune annonce officielle ne permet, à ce stade, de privilégier l’une de ces hypothèses.

La composition du prochain gouvernement et les suites données aux recommandations de la commission d’enquête constitueront des indicateurs importants de l’orientation de la prochaine étape, notamment en matière d’établissement des responsabilités dans le dossier électrique, de renforcement du contrôle des marchés publics et des projets de l’État, d’amélioration des services essentiels et de réponse aux préoccupations sociales.

Au-delà de son caractère institutionnel, la démission du gouvernement ne suffit donc pas, à elle seule, à déterminer la nature du changement à venir. La principale question reste de savoir si elle débouchera sur une révision effective des pratiques et un renforcement de la reddition des comptes, ou si elle se traduira essentiellement par une recomposition de l’équipe gouvernementale, avec le maintien de plusieurs de ses membres à leurs fonctions.

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