NATIONALE

L’UPPIM soumet au président Ghazouani un projet de refonte des relations entre l’État et les médias

Nouakchott, Tawasoul, 8 octobre 2026 – L’Union professionnelle de la presse indépendante en Mauritanie (UPPIM) a soumis au président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani un mémorandum revendicatif et une proposition de refonte du système médiatique, appelant au renforcement du pluralisme professionnel, à la fin de la tutelle directe de l’Exécutif sur la presse privée et à la création d’un Conseil supérieur des médias chargé notamment de l’organisation de la profession et de la gestion d’un Fonds de développement des médias.

Dans ces deux documents, également transmis à la Primature, au ministère de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, ainsi qu’à la Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuel (HAPA), l’UPPIM demande sa réintégration dans les mécanismes de gestion et de répartition de l’aide publique à la presse et l’adoption de critères transparents et objectifs pour la représentation des organisations professionnelles, afin d’éviter qu’une seule structure ne monopolise la représentation des entreprises de presse écrite et électronique.

L’Union estime que la diversité des organisations professionnelles du secteur impose un système pluraliste de représentation. Elle souligne que le monopole de la représentation au sein des commissions chargées du Fonds d’aide publique à la presse l’a conduite à saisir la justice en 2020, précisant que le dossier demeure, selon le mémorandum, pendant devant la Cour suprême.

L’UPPIM propose par ailleurs une nouvelle répartition des compétences entre des institutions indépendantes et spécialisées. La HAPA serait chargée de la régulation du secteur audiovisuel, tandis qu’un « Conseil supérieur des médias » aurait pour missions d’organiser la profession, d’enregistrer les journalistes, de délivrer les cartes professionnelles, d’établir le code de déontologie et de gérer le « Fonds de développement des médias ».

La proposition prévoit également la création d’une structure chargée de la communication gouvernementale, responsable des communiqués officiels, des conférences de presse et de l’information du public, sans compétence en matière d’accréditation des journalistes, de répartition des aides, de régulation du marché médiatique ou d’intervention dans les contenus éditoriaux. L’Union préconise en outre une réorganisation du marché publicitaire afin de garantir la transparence de la publicité publique et d’éviter son utilisation comme instrument de discrimination entre les médias.

L’UPPIM propose de mettre en œuvre cette réforme en quatre étapes, à commencer par une phase de diagnostic et de préparation des textes, suivie d’une réforme législative et institutionnelle, puis du transfert des compétences de l’administration vers les institutions spécialisées, avant une évaluation indépendante un an après le lancement de la réforme.

Selon l’Union, l’objectif de cette proposition est de passer d’un modèle de « tutelle exécutive » à un système fondé sur la séparation entre communication gouvernementale, régulation du secteur, organisation de la profession et développement des entreprises de presse, avec des garanties d’indépendance fondées notamment sur le pluralisme dans les nominations, l’autonomie financière, la transparence des décisions, la prévention des conflits d’intérêts et le recours juridictionnel.

L’UPPIM souligne enfin que sa proposition ne vise pas à exclure une quelconque organisation professionnelle, mais à établir, selon les deux documents, des règles durables en matière de représentation, de soutien public et de relations entre l’État et la presse privée, fondées sur le pluralisme, l’égalité des chances et l’indépendance des entreprises médiatiques.

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