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Les Beïdanes ont tout autant de droits et de revendications !

Les Beïdanes ont également le droit inaliénable de décider de leur avenir et de choisir avec qui ils souhaitent s’associer pour ériger un État indépendant viable et durable.
Ce peuple arabe sahélo-saharien a été dépouillé de pans entiers de sa population, ainsi que de certaines parties de son nord et de son est, et a été contraint d’ériger un État indépendant avec des minorités négro-africaines, en raison des intérêts stratégiques de la France coloniale. Celle-ci avait refusé d’associer la population de la rive droite au Sénégal pour réunir les Négro-Africains, tout comme elle avait rejeté la proposition du roi Hassan II, portée par le président Nkrumah, de faire accepter par le président Mokhtar l’idée d’une confédération mauritano-marocaine qui allait élargir et renforcer la nation arabe. Le sort des Mauritaniens a été ainsi décidé sans leur consentement explicite.
Plus tard, les ethnicistes poulo-toucouleurs vont utiliser cette configuration artificielle pour affirmer : ‘’Nous sommes condamnés à vivre ensemble, mais ça sera à nos propres conditions, pas à celles des Beïdanes’’.
Depuis lors, le nationalisme pulaar, mauritanien et sénégalais, s’est intensifié, ce qui a rendu impossible la réalisation de l’unité nationale des Mauritaniens.
Actuellement, les ethnicistes poulo-toucouleurs continuent de revendiquer ce qu’ils ont toujours réclamé. Une députée de l’AJD l’avait déjà crié à l’Assemblée nationale dans un hassanya clair : ‘’La Mauritanie ne vous sera jamais laissée’’. Nous, les Négro-Africains, et vous, les Arabo-Mauritaniens, elle voulait dire. Il y a donc deux peuples rivaux qui se disputent l’identité d’un État.
On peut encore mieux comprendre cette vérité en sachant que les néo-harkistes beïdanes, l’AJD, l’UFP, les FLAM et l’IRA militent pour changer l’État mauritanien en un État binational ou multinational en fonction de leurs aspirations.
La question donc qui dérange la cohésion nationale n’est pas ce que l’on prétend : racisme d’Etat, apartheid, esclavage, de la pure propagande mensongère, mais plutôt l’acharnement des nationalistes pulaars à s’approprier la moitié d’un État arabe qu’ils ne veulent jamais intégrer en tant que citoyens à part entière.
Comment alors comprendre ces slogans : non à l’arabisation, non à l’assimilation, non à la domination des Beïdanes, à moins de vouloir diviser l’État mauritanien sur une base raciale ?
Il est bien connu que si l’on ne s’intègre pas, on se désintègre. C’est inévitable, et le nationalisme ethnique est une véritable bombe à retardement.
Les ethnicistes sont tous partisans d’une République ethnique, mais cette forme d’État ne garantit jamais l’unité nationale. Au contraire, elle fait le lit de la guerre civile.
C’est pour cette raison que le président ougandais Museveni a demandé à l’armée burundaise de renoncer à l’ethnicisme.
Aussi suite au génocide de 1994, le Rwanda a mis en œuvre une politique stricte contre les ethnies, en excluant les références ethniques (Hutu, Tutsi,) de l’espace public et des documents officiels. En outre, le parti rwandais au pouvoir, a instauré une légitimité basée sur l’unité nationale et l’égalité pour éliminer l’idéologie divisionniste.
Soyons honnêtes, si tout cela nous semble impossible à réaliser, ne perdons pas le temps à traquer les mirages. Plus soixante ans en perdition, ça suffit.
Et si, dans un dialogue ouvert, sans contraintes, on donnait la parole aux ethnicistes poulo-toucouleurs pour réinventer l’État mauritanien, pourquoi ne pas faire de même pour les autres afin de revoir le plan initial franco-sénégalais pour la Mauritanie qui demeure une source intarissable de crises interethniques insurmontables.

Ely Ould Sneiba
Le 21 février 2026

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