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De la coordination au parti … Proposition pour transformer une expérience nationale de soutien et de sensibilisation en projet politique fédérateur

Par Ahmed Mohamed Hamada
Écrivain et analyste membre de la coordination des amis de Ghazouani

La présence de la Coordination nationale des amis du président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani lors de la dernière tournée présidentielle dans l’Adrar et l’Inchiri n’avait rien d’anecdotique. Elle ne s’est pas limitée aux accueils protocolaires : par sa direction, son organisation et sa mobilisation, elle s’est illustrée à chaque étape.

Son président, Diallo Amadou Goral, entouré des membres de la délégation, a ainsi démontré la capacité de la coordination à préparer, structurer et mobiliser.

Au-delà du nombre de participants, cette présence soulève une question politique : les années de travail consacrées au soutien, à la sensibilisation, à l’information et à la promotion de l’unité nationale peuvent-elles servir de socle à la transformation de cette structure en parti politique institutionnel ?

La question mérite d’être posée, non comme un simple changement de nom, mais comme la conversion d’une expérience de terrain en projet national durable.

Du soutien à l’institution

Ces dernières années, la coordination s’est imposée dans le paysage politique et social favorable au président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani. Elle a accompagné plusieurs échéances nationales en privilégiant la sensibilisation, l’information, la mobilisation, la stabilité et l’unité nationale.

Ce capital d’expérience pourrait constituer la base d’une nouvelle étape, si la volonté politique et organisationnelle est réunie.

La différence est toutefois importante entre une structure de soutien et un parti doté d’un programme, d’instances élues, de bases organisées, d’un discours politique et d’un projet de société.

La transformation ne devrait donc pas répondre à une simple conjoncture, mais prolonger un parcours de travail et de proximité avec la société. Il s’agirait de s’appuyer sur les acquis de la coordination tout en les dépassant par la forme, les missions et l’ambition.

L’unité nationale au cœur du projet

L’unité nationale et la cohésion sociale pourraient constituer le cœur du projet.

Riche de sa diversité culturelle, sociale et linguistique, la société mauritanienne a besoin d’un discours qui considère cette pluralité comme une force au service d’un État plus solide, et non comme une source de fracture.

Le parti pourrait faire de la citoyenneté égale, du respect de la diversité, de la confiance entre les composantes de la société, du rejet de la haine et de la discrimination, ainsi que du dialogue et du vivre-ensemble, les piliers de son programme.

L’unité nationale ne signifie pas l’effacement des particularités, mais la création d’un cadre où elles peuvent coexister dans le sentiment partagé d’appartenir à une même patrie.

Diallo Amadou Goral, une direction à l’image de la diversité du pays

Dans un tel projet, le leadership est déterminant, tant pour organiser et mobiliser que pour dialoguer avec les différentes composantes de la société.

À cet égard, Jallo Amadou Koral apparaît comme un atout. Sa formation, sa culture et sa maîtrise des langues nationales lui permettent de s’adresser à de larges pans de la population en tenant compte de leurs réalités culturelles et sociales.

Il ne s’agit pas seulement d’un avantage linguistique. La proximité, le sentiment d’appartenance et la représentation jouent également un rôle essentiel. Lorsqu’un citoyen est abordé dans sa langue et dans un environnement culturel qu’il comprend, le message gagne en portée.

Jallo Amadou Koral pourrait ainsi incarner une personnalité capable de réunir les différentes composantes de la diversité mauritanienne autour d’un discours national. La pluralité des langues et des cultures deviendrait alors un ensemble de passerelles plutôt qu’une source de distance.

Un parti véritablement national ne peut se contenter d’antennes dans les wilayas et les moughataas. Il lui faut une direction capable d’écouter les différentes catégories de la société, de leur parler et de leur montrer qu’elles font partie intégrante du projet.

Sous cet angle, Jallo Amadou Koral peut apparaître comme une personnalité fédératrice, transformant la diversité en facteur de rapprochement et de cohésion.

De la culture de la mobilisation à celle de l’encadrement

L’étape de l’Adrar et de l’Inchiri a confirmé la capacité de la coordination à mobiliser et à occuper le terrain.

Le véritable défi sera désormais de transformer cette présence ponctuelle en organisation permanente, grâce à un travail régulier de proximité, de formation et d’encadrement.

Les foules réunies pour accueillir le président constituent une séquence politique importante, mais elles ne deviennent une base partisane qu’à travers une action continue.

Le parti pourrait ainsi faire évoluer l’expérience :

de la mobilisation vers l’encadrement,
de l’événement vers l’action continue,
du soutien vers la participation,
du discours vers le programme,
de l’initiative individuelle vers l’institution.

C’est cette mutation qui lui donnerait les moyens de durer.

Un parti de sensibilisation, pas de confrontation

Le nouveau parti pourrait ne pas faire de la polarisation une fin en soi, mais placer la sensibilisation, l’encadrement et la participation citoyenne au premier rang de ses priorités.

Il pourrait organiser conférences, rencontres et débats dans les wilayas, les moughataas et les communes autour de l’unité nationale, de la citoyenneté, de l’éducation, de la jeunesse, des femmes, du développement local, de la gouvernance et du dialogue.

La création d’une école politique destinée aux jeunes et aux cadres favoriserait l’émergence d’une génération capable d’animer le débat public et de contribuer à la vie nationale avec responsabilité.

Le parti deviendrait ainsi un espace de formation et de débat, plutôt qu’une simple machine électorale active seulement à l’approche des scrutins.

Jeunesse, femmes et renouvellement des élites

Tout projet durable doit investir dans les nouvelles générations.

La jeunesse et les femmes devraient occuper une place centrale dans l’architecture du parti, avec de véritables possibilités d’accéder aux instances dirigeantes et organisationnelles, au-delà des seules opérations de mobilisation électorale.

La formation politique et la valorisation des jeunes compétences pourraient favoriser l’émergence de nouvelles figures capables de porter le projet national.

Soutenir le président, soutenir le projet de l’État

Si la coordination devenait un parti, il serait naturel qu’il conserve sa matrice politique : le soutien au président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et aux orientations du pouvoir en place.

Mais ce soutien devrait dépasser la fidélité à une personne pour devenir un appui au projet de l’État, à ses institutions, à sa stabilité et à ses choix nationaux.

Les hommes changent, les gouvernements se succèdent, l’État demeure.

Le parti pourrait donc se présenter comme une formation attachée à la stabilité, à la réforme, au développement et à l’unité nationale, soutenant le pouvoir dans le cadre d’une vision plus large. Cette orientation lui permettrait de bâtir un projet durable, sans dépendre d’une seule séquence politique.

Quelle relation avec les autres partis de la majorité ?

La création d’un nouveau parti favorable au pouvoir ne signifierait pas nécessairement une confrontation avec les formations déjà présentes dans la majorité.

Elle pourrait s’inscrire dans une pluralité politique au sein du camp présidentiel, avec une coopération sur les grandes questions nationales, chaque formation conservant son identité et son programme.

Le défi serait d’apporter une réelle valeur ajoutée politique et organisationnelle, en mobilisant de nouvelles catégories et de nouvelles bases plutôt qu’en redistribuant les rôles existants.

De la mobilisation à la fabrique de l’opinion

Le capital accumulé par la coordination, notamment lors de la visite présidentielle dans l’Adrar et l’Inchiri, peut constituer un point de départ.

Sa véritable valeur apparaîtra toutefois lorsqu’il sera transformé en action politique et sociale permanente.

Un parti solide ne se mesure pas seulement à sa capacité à organiser un accueil ou un meeting, mais aussi à produire des idées, encadrer les citoyens, écouter leurs préoccupations et contribuer au débat national.

L’objectif serait donc de passer de la mobilisation des foules à la construction d’une conscience collective.

Vers un projet politique porteur d’un message national

La transformation de la Coordination nationale des amis du président en parti politique pourrait, si la volonté politique et organisationnelle est réunie, ouvrir une nouvelle étape.

Le soutien au pouvoir ferait partie de son identité, mais son ambition serait plus large : promouvoir l’unité nationale, la cohésion sociale, la citoyenneté, la stabilité, le développement et la construction d’un État de droit et d’institutions.

Sa direction devrait pouvoir s’adresser aux différentes composantes de la société et faire de la diversité culturelle et linguistique une force.

Dans ce cadre, la présence de Diallo Amadou Goral à la tête du projet revêtirait une signification particulière. Sa culture, sa maîtrise des langues nationales et sa capacité de dialogue pourraient lui donner une dimension fédératrice, en permettant à chaque citoyen de se sentir concerné.

L’une des forces de l’expérience pourrait résider dans cette capacité à faire reconnaître le projet comme une initiative nationale, plutôt que comme une démarche imposée de l’extérieur.

Conclusion : de la coordination de soutien au parti du projet national

Au fil des années, la coordination a accumulé une expérience en matière de sensibilisation, d’information, de mobilisation et d’accompagnement politique. Sa présence sur le terrain s’est affirmée lors de plusieurs échéances, notamment pendant la dernière tournée présidentielle dans l’Adrar et l’Inchiri.

Il serait utile d’ouvrir un débat serein sur l’avenir de cette expérience et d’étudier, le moment venu, sa transformation en parti politique national favorable au pouvoir, doté d’un programme clair et d’une vision cohérente de la société et de l’État.

Le projet ne devrait pas reposer uniquement sur le soutien au président, mais viser la construction d’une institution capable de durer, d’élargir la participation, d’encadrer les citoyens, de renforcer l’unité nationale et de consolider la cohésion sociale.

L’enjeu consiste à transformer le capital de soutien en projet, la présence en institution, la proximité en base politique et la diversité en force au service de l’unité nationale.

Le moment est peut-être venu de poser calmement la question :

Pourquoi les années de travail de la Coordination nationale des amis du président ne se transformeraient-elles pas en un parti politique national et fédérateur, appelé à devenir une force majeure de soutien au pouvoir, tout en faisant de l’unité nationale, de la cohésion sociale et du service de l’État le cœur de son projet ?

Doté d’un message clair, d’une organisation institutionnelle, d’une direction fédératrice, d’une base populaire et d’un programme national, un tel parti pourrait dépasser la conjoncture et passer du simple cadre de soutien à celui d’acteur institutionnel de la vie politique nationale.

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