NATIONALE

« C’est de la torture, » dénonce Mohamed Baba, militant clermontois de la « Flotille pour Gaza » interpellé par Israël

Ici — Mohamed Baba, professeur à l’UFR Chimie de l’Université de Clermont-Ferrand, est rentré en France, ce vendredi 22 mai. Interpellé par l’armée israélienne pour avoir participé à une flotille humanitaire pour Gaza, il dénonce des actes de torture subis lors de sa captivité.

Son avion a touché terre ce matin à l’aéroport d’Aulnat. Mohamed Baba a retrouvé sa famille sain et sauf, à Clermont-Ferrand, vendredi 22 mai. Interpellé mardi par l’armée israélienne alors qu’il participait à la flotille humanitaire pour Gaza , il décrit vingt-quatre heures de cauchemar aux mains de ses géoliers.

« C’est de la barbarie, c’est inadmissible »

Professeur de chimie à l’Université de Clermont-Ferrand, Mohamed Baba est parti d’Espagne en avril. Le convoi, composé d’une trentaine de navires cherche à apporter de l’aide humanitaire aux civils de Gaza.

Intercepté une première fois par la marine de l’Etat hébreux, le convoi parvient à repartir de Grèce et met le cap sur le Proche-Orient. La seconde rencontre avec les militaires israéliens entraîne l’arraisonnement de tous les bateaux, au large de Chypre.

Transportés d’abord par bateau-prison, les militants sont emmenés en Israël, où les violences se poursuivent pendant toute une journée. « Le moindre geste, c’est un coup, » explique Mohamed Baba, « par exemple, [on vous dit] ‘Ecartez les pieds !’, c’est un coup de pied dans les chevilles, ‘Baissez-vous !’, un coup de pied derrière les genoux, ‘Levez-vous !’, ils te prennent par le col du vêtement et ils te soulèvent, c’est un étranglement ! »

Des violences constantes et gratuites que le professeur qualifie sans hésiter de torture : « Le mot torture, c’est le minimum, » assène-t-il, « Il y a aussi beaucoup de sévices à caractère sexuel, des pénétrations anales, des pénétrations avec des objets, des attouchements. » Mohamed Baba porte encore les séquelles de cette brutalité, des marques aux poignets causées par les menottes et une blessure à la joue, où la muselière d’un chien l’a frappé.

« Ces gens nous ont sorti du cercle de l’Humanité pour pouvoir faire de nous ce qu’ils veulent, » dénonce-t-il, « et donc c’est vraiment de la torture au sens primaire du terme, c’est des traitements inhumains, c’est condamné par toutes les lois ! C’est de la barbarie, c’est inadmissible. »

Le traitement des militants pro-palestine a suscité une vague de colère après la publication jeudi d’une vidéo par Itamar Ben Gvir, le ministre de la Sécurité nationale israélien. On y voit des dizaines de prisonniers subir des maltraitances de la part de soldats israéliens, sur un navire militaire.

« Ce n’est vraiment rien du tout par rapport à ce qui se passe en réalité, » commente Mohamed Baba, « là, ils ont juste montré des militants qui sont agenouillés dans une cage. Mais il faut penser aussi aux violences quotidiennes, continues, que subissent les prisonniers. Ce sont des choses qu’on a vu de près et desquelles nous pouvons témoigner. Je peux dire que nous avons vécu 24 heures dans la vie d’un prisonnier palestinien. »

Le professeur compte continuer son combat pour la cause palestinienne, tout en reprenant son travail à l’Université de Clermont-Ferrand.

Bouton retour en haut de la page