INTERNATIONAL

Vance écrit à Rezaï pour relancer les négociations, Téhéran se dit prêt au dialogue comme à la guerre

Tawassoul – Agences

Le vice-président américain JD Vance a adressé un message au responsable iranien Mohsen Rezaï afin d’explorer les possibilités d’une reprise des négociations entre Washington et Téhéran, a rapporté mercredi le Wall Street Journal, sur fond de menaces du président Donald Trump de reprendre les frappes contre l’Iran après les élections américaines de mi-mandat, prévues le 3 novembre.

Selon le quotidien, qui cite des responsables américains et des personnes au fait des échanges, cette initiative vise à définir un cadre permettant de relancer les discussions, sans comporter de proposition détaillée d’accord de paix. Le média américain Axios précise que JD Vance a insisté sur la nécessité d’inclure le programme nucléaire iranien dans toute nouvelle négociation.

Si des sources citées par le Wall Street Journal affirment que le message a été envoyé à la demande de Donald Trump, le président américain a déclaré à la presse ne pas avoir ordonné à son vice-président d’engager de nouvelles négociations. Il a toutefois reconnu avoir approuvé sa démarche, évoquant notamment l’acheminement de fournitures médicales vers l’Iran.

Téhéran pose ses conditions

Cette initiative intervient alors que l’Iran affirme rester ouvert à la diplomatie, tout en rejetant une reprise des négociations aux conditions américaines ou en l’absence de mesures préalables destinées à rétablir la confiance.

Le 20 octobre, Mohsen Rezaï avait déclaré qu’aucune négociation avec Washington ne pourrait avoir lieu sans des mesures de confiance et la satisfaction des exigences iraniennes. Téhéran réclame notamment la fin de la guerre sur les différents fronts, la libération de ses avoirs gelés et la levée du blocus naval américain visant ses ports. L’Iran refuse également le transfert de son uranium enrichi hors de son territoire.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a, de son côté, réaffirmé la disponibilité de son pays à privilégier la voie diplomatique, tout en soulignant qu’il était également prêt à reprendre les hostilités en cas de nouvelle attaque américaine.

Téhéran attend par ailleurs une réponse officielle de Washington, transmise par les médiateurs, à sa proposition concernant la réouverture du détroit d’Ormuz. La mise en œuvre de cette proposition est liée, selon les positions iraniennes rapportées, à des mesures portant notamment sur la fin de la guerre, la levée du blocus et le déblocage des avoirs iraniens.

Des divergences persistantes

Les deux parties restent en désaccord sur les priorités et les conditions d’une éventuelle reprise du dialogue. Washington souhaite que les discussions portent notamment sur le programme nucléaire iranien et les concessions attendues de Téhéran. L’Iran entend, pour sa part, obtenir des garanties concernant la fin de la guerre, la levée du blocus naval et l’allègement des pressions économiques.

Cette tentative de reprise des contacts intervient alors que des informations font état de préparatifs en vue d’une éventuelle nouvelle campagne militaire américaine contre l’Iran après les élections de mi-mandat. Aucune décision définitive n’a toutefois été annoncée publiquement.

Les autorités iraniennes ont averti qu’une nouvelle attaque entraînerait une riposte militaire. Téhéran maintient ainsi une double posture : disponibilité pour une solution diplomatique, à condition que ses exigences soient prises en compte, et préparation à une confrontation militaire si les hostilités reprennent.

La démarche de JD Vance ouvre donc une nouvelle voie de communication entre Washington et Téhéran, sans garantir pour autant une reprise effective des négociations. Les divergences sur le dossier nucléaire, la fin de la guerre et le blocus naval demeurent des obstacles majeurs à une éventuelle désescalade.

Bouton retour en haut de la page