ECONOMIENATIONALE

Réagissant à un Tweet du premier ministre, un ancien ministre critique la politique gouvernementale en matière d’hydrocarbures

L’ancien ministre mauritanien de l’Économie et des Finances, Sid’ Ahmed Ould Bouh, a critiqué les politiques gouvernementales relatives aux prix des carburants et aux dépenses publiques, mettant en garde contre le fait que des décisions économiques « non coordonnées » pourraient entraîner une accélération de l’inflation et affaiblir le pouvoir d’achat des citoyens.

Dans un article publié ce samedi en réponse à des publications du Premier ministre Mokhtar Ould Diay, Ould Bouh a déclaré que le gouvernement aurait pu limiter les effets de la hausse des prix des carburants en révisant certains postes de dépenses et en supprimant une partie des taxes sur les carburants au lieu d’augmenter leurs prix, estimant que cela aurait contribué à contenir les pressions inflationnistes et à protéger les ménages contre la baisse de leur pouvoir d’achat.

Il a ajouté que les indicateurs d’inflation avaient connu une hausse au cours des derniers mois, soulignant que les politiques économiques actuelles comportaient, selon lui, une contradiction entre les mesures de la Banque centrale visant à freiner l’inflation et les décisions gouvernementales susceptibles d’accroître les pressions sur les prix.

L’ancien ministre a également critiqué ce qu’il a qualifié de manque de coordination entre les instruments de la politique économique, affirmant que certaines décisions gouvernementales pourraient entraîner une augmentation de la demande de devises étrangères et exercer une pression sur le taux de change de l’ouguiya, ce qui risquerait d’aggraver les taux d’inflation.

Ould Bouh a également évoqué les propos tenus par le Premier ministre concernant le financement des projets publics, estimant que le plus grand projet autofinancé par l’État ces dernières années est la reconstruction de la route de l’Espoir entre Nouakchott et Nema, appelant à donner la priorité, en période de crise, à la lutte contre l’inflation et au soutien des secteurs productifs plutôt qu’à l’augmentation des dépenses pour des projets qui ne constituent pas une priorité urgente. En conclusion de son article, il a critiqué l’utilisation du terme « souveraineté financière », estimant qu’il ne s’agissait pas d’un concept courant dans la littérature économique moderne, et a appelé à l’adoption de politiques économiques plus cohérentes afin de soutenir la transition économique, de stimuler la croissance et d’améliorer la répartition des richesses.

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