NATIONALE

La Mau­ri­ta­nie, gen­darme de l’immi­gra­tion en Europe

PRESS READER – L’Union euro­péenne (UE) a fait de la Mau­ri­ta­nie un labo­ra­toire de sa poli­tique d’exter­na­li­sa­tion du contrôle migra­toire. Cette der­nière vise à frei­ner les départs vers les îles Cana­ries, porte d’entrée vers le conti­nent.

Depuis le par­te­na­riat signé en 2024 avec Bruxelles, doté d’un finan­ce­ment de 210 mil­lions d’euros, Nouak­chott a ren­forcé ses patrouilles en mer. Bien qu’ini­tia­le­ment déployés dans le cadre de la lutte contre le ter­ro­risme et la sta­bi­li­sa­tion des Etats du Sahel, les gen­darmes euro­péens par­ti­ci­pant au Groupe d’action rapide-Sur­veillance et inter­ven­tion au Sahel (GAR-SI) appuient aussi des opé­ra­tions de lutte contre les réseaux de pas­seurs.

Deux uni­tés sont opé­ra­tion­nelles en Mau­ri­ta­nie et une troi­sième phase du pro­gramme se déploie à proxi­mité de la fron­tière séné­ga­laise. Les inter­cep­tions de pirogues se mul­ti­plient ces der­nières semaines.

Dans le même temps, deux centres pour étran­gers ont été ouverts à Nouak­chott et Nouad­hi­bou. Finan­cés par l’UE et gérés par le Crois­sant-Rouge mau­ri­ta­nien, ils accueillent pour soixan­te­ douze heures maxi­mum les migrants inter­cep­tés ou secou­rus en mer.

Cette poli­tique s’accom­pagne d’une inten­si­fi­ca­tion des expul­sions, très cri­ti­quées par les ONG, notam­ment Human Rights Watch, qui docu­mente depuis plu­sieurs années des cas de vio­lences, déten­tions arbi­traires et expul­sions col­lec­tives impli­quant les forces mau­ri­ta­niennes.

Dans le cadre de ce dur­cis­se­ment en Afrique de l’Ouest, le Séné­gal suit une tra­jec­toire simi­laire. Les Vingt-Sept y financent pro­grammes de coopé­ra­tion sécu­ri­taire, équi­pe­ments et for­ma­tions. Les arri­vées aux Cana­ries en pro­ve­nance de ce pays sont pas­sées de 9 554 en 2024 à 4 918 en 2025, avec plus de 6 600 inter­pel­la­tions

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